Mardi 21 Novembre 2006
Par Libad, Mardi 21 Novembre 2006 à 22:37 GMT+2 dans Histoires moins noires
Une lueur cruelle qui fait fondre mon regard. Une vibration stridente
qui éclate mes tympans. Un feu d'enfer qui ne laisse que mes os. Et un
goût, un goût infâme, infect et innomable. Pire que la merde du nouveau
né, qu'un chien mort ou que l'haleine d'un troll. Mais j'ai encore ma
tête dirait on. Je me réveille ? Alors pourquoi fait il si noir ? On me
regarde ? Un cauchemar surement, des plus inquiétants. Vite ! Que je me
réveille, j'ai toujours eu peur du noir. Là, je suis sur qu'une
créature hideuse va sortir des ténèbres en poussant un grand cri, et là
je me réveillerais en sursautant, en suant et en hurlant. Mais je
serais soulagé, enfin. J'attend, j'essaie de comprendre, je cherche des
questions aux réponses évidentes. Quelle heure peut il être ? Pourquoi
ce noir ne s'ouvre pas, pourquoi le jour ne se lève pas ? Et si .. Et
si j'étais déjà réveillé ? Dans ce cas, pourquoi fait il si noir ? Et
surtout, pourquoi diable je ne peux me relever ? Où est mon corps ?
Merde c'est dingue ça. Et ce goût, ha ce goût, je m'en souviendrais au
réveil, c'est sur..
C'est long, trop long, je n'arrive même pas à penser, comme si le mode
veille n'existait plus. La trame de pensées qui défile sans contrôle,
où est la léthargie ? Qui permet à l'esprit de se reposer un peu. C'est
long, trop long. Que se passe-t'il ? Je vais devenir fou ! Je nage dans
le néant avec un rat mort dans la bouche. Oui. Tiens, c'est pas mal
comme comparaison. Mais la réalité, réalité ? Est toute autre. Je
tombe, je ne nage pas, je m'enfonce et je coule. Peut être qu'a force
de patauger dans la merde j'ai sombré. Mais non, ce n'est qu'une
métaphore. Je suis juste prisonnier d'un rêve trés long, trés réaliste.
La résurrection de mes angoisses de gosse. Quand mon pire ennemi était
l'obscurité, que j'imaginais des combats entre Lumière et Ténèbre, et
que Papa intervenait du côté des gentils pour les faire gagner. Woaw,
ça remonte, j'avais oublié ça.
Donc je rêve, je peux penser, mais pas m'arrêter pour souffler, pas de
mode 'stand-by'. C'est plutôt ennuyeux. Il ne reste que mon
imagination, la pire des armes. Quelle horreur ! Être enfermé en
soi-même, heureusement que tout cela n'est pas réel. J'ai lu une fois
qu'un goût de merde pouvait survenir lors d'un rêve particulièrement
intense. Probablement car mon métabolisme est en ralentissement
extrême, donnant toute son énergie à l'esprit, qui travaille dur,
l'assainissment de ma gorge n'est donc plus d'actualité. Ce qui nous
amène à un nouveau point, je suis un peu conscient, puisque je sens ce
goût infect. Pourtant je ne me sens pas capable de déglutir alors que
ça doit être aussi aride que le Sahara un quinze août.
C'est trop étrange. Je suis en pleine possession de ma tête et je ne
vois encore aucun raisonnement plausible pour expliquer cette sensation
de n'être qu'un esprit et une bouche pourrie. Peut être m'a-t'on drogué
? Mais pour quelles raisons ? Je n'ai d'ennui avec personnes et il est
facile de me faire parler de mon boulot. Oui, vraiment, pas besoin de
me droguer pour me faire parler de mes recherches sur les Indiens
d'Amérique. Bon sang, ça me revient. Cette petite tribu, qui vénérait
Tezcatlipoca. Ils étaient particulièrement odieux contre leur
prisonniers. Deux petites incisions bien précises, et le sujet perdait
toutes ses facultés sensorielles. Il pouvait parfois vivre plusieurs
jours, enfermé dans sa tête, sans comprendre ce qui se passait. Et le
pire, c'est que la pensée déclinait au fur et à mesure que le manque de
sucre se faisait sentir. Il paraît que c'était la représentation de
l'Enfer la plus réaliste qui puisse être. Se sentir diminué au fil des
heures, sans avoir conscience ni du temps, ni de la réalité. Ne
trouvant d'alternative qu'en admettant l'existence d'un diable. Le
suppliant d'achever ce long supplice. Mourir de faim et d'idées, quelle
horreur.
Mais cette pratique est quasiment inconnue, et puis à quoi bon me faire
subir ça ? Qu'ai-je à me reprocher ? Rien, à peine quelques amendes
nons payées sinon .. Amende ? A quand remonte la dernière .. La
dernière, la dernière fois, que j'ai vu le soleil, c'était où, et quand
? Non, ça me revient, oui je respire et je vois clair maintenant. Je
rentrais chez moi, tôt le matin, pressé de dormir. Je roulais vite
donc, et c'est là que .. Oui, c'est ça ! Un agent m'a suivi ! C'est
donc eux les responsables de mon black-out ? Serais je sujet à des
expériences secrètes gouvernementales ? Oh, bon sang, pouquoi moi ? Un
simple petit ethnologue sans histoires... Mais.
Non, ça colle pas, les prisons sont pleines à craquer, ils ont du
choix. Mais, attend, j'oublie que .. J'ai accéléré, pour échapper à
l'agent. Mais. J'ai du mal à suivre. Oui. On a roulé. J'ai continué.
Sans m'arrêter. Et puis. Non... Je sais. Un arbre. Et puis le bruit, la
tôle. Schcrak blang pingk. Et l'arbre qui tombe, et le feu qui démarre.
Et là. Non... Non... Dans une boîte ? Non. Ils ont cru que ? Pas
possible. Ils pouvaient savoir que je... Et ce goût. NonNonNon. Je
suis vivant !
A.D.E (Ante Death Experience)
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Lundi 28 Aout 2006
Par Libad, Lundi 28 Aout 2006 à 00:06 GMT+2 dans Histoires moins noires
Déjà une demi heure que j'ai le cul posé sur ce banc. Je suis entouré d'une vieille au tour de taille qui rivalise avec celui de Jupiter, et un drôle de type nerveux, bourré de tics, qui plie et déplie sans cesse son journal, encore un étranger. Dans un quart d'heure, la voix féminine éraillée, annoncera que la Filk-Inc. présente ses excuses pour le retard et les ennuis causés, il y aura évidemment dédommagement.
Les gens se précipitent maintenant vers le sas d'embarcation. Je regarde, sans intêrets particulier, les douanes inter-solaires intercepter un homonculé qui suinte la peur. Il est rapidement emmené à l'abris des regards pour un scan moléculaire dont il ne ressortira probablement pas. L'ennui avec cette hétérogénéité des vivants de la galaxie, c'est qu'elle entraîne automatiquement des litiges dûs aux jugements de valeur indissociables de la société. Mais là, en temps d'guerre ils ont raison de se méfier.
Une hôtesse bourrée de tendresse professionnele, me demande le plus gentiment possible de poser mon sac dans le scan, histoire de voir si je ne transporte rien d'illégal. Evidemment, si, mais les techniques de contrebande ont maintenant plusieurs paliers d'avance. Faut dire, ils ont pas l'temps de chercher, la guerre occupe tous les moyens.
Je suis finalement installé dans ma petite cabine, sans fenêtres, en proue du vaisseau. Il est grand temps d'aller au bar, s'enfiler un petit remontant, voire deux si je trouve de la compagnie. Dans le bar, je me faufile au comptoir et agresse une serveuse anorexique pour un Whisky-guarana bien chaud. A peine posé, que je me jette sous ma table, Lamdor Boriv vient de passer. Un vieux con qui n'en rate pas une pour se coller à vous et sucer toute votre pauvre énergie en racontant sa vie de collecteurs de pin's. Mais trop tard, il m'a vu.
"Mon vieil ami !! Comment vas tu ?
-Ouais, ouais, ça va.
-Allez, ça fait longtemps, je m'invite."
Putain, ma soirée est niquée, une excuse, vite ..
"Heu, je peux pas rester, j'ai chopé un sale virus sur Sirya, j'peux pas rester plus de 30 minutes sans traitement, sinon .. contagion intense.
-..
-Je suis vraiment désolé, on remet ça hein ?
-Ah heu ouijecomprend,àbientôtalors"
Ce con est parti sans demander son reste, j'espère juste qu'il alertera pas les docs du vaisseau.
Un verre et quelques hallucinations plus tard, me voilà en train de déambuler comme un pantin sur les ponts déserts. Comme le soleil est de l'autre côté, les volets sont ouverts et le spectacle me file une sacrée nausée.
Sur ma route, je croise une fille étrange, accroupie dans un coin, les mains crispées à ses hanches, et le teint vert vomi. Malgrés tout, je la trouve belle, et je me verrai bien en sa compagnie ce soir.
J'attaque simplement en demandant si mademoiselle va bien. Elle répond par un drôle de hoquet, mi-figue mi-raisin. Elle perd son équilibre et se roule par terre, un objet tombe de sa main, je le ramasse pour le lui rendre. Une drôle de gourmette, avec un nom étalé dessus en lettres cyrilliques, 'N'Loze'. Ca me laisse perplexe, d'où ça peut venir un nom pareil ? Je lui propose de l'aide, qu'elle accepte avec empressement, et à mon contact elle retrouve des couleurs et la parole.
La voilà maintenant plantée devant moi, me regardant de haut alors qu'elle est pas trés grande. Deux grands yeux noirs, sans reflets, qui semblent aspirer la lumière, comme les tunnels miniers de la Lune, qui s'est d'ailleurs effondrée sur elle même. Elle me sourit et fait mine de partir. Le problême avec moi, c'est les femmes, peut etre la seule faiblesse dans ma carapace de mâle dominant. Je la retiens par le bras, elle se laisse faire. Je lui propose de la raccompagner au cas où elle irait mal. Je lui demande d'ailleurs ce qu'il lui a pris.
Elle appelle ça une convulsion chronique, un souvenir d'une décharge de crevette électrique sur Mag II, la planête au ciel bleu. Pendant qu'elle me raconte son histoire, lui laissant un temps de parole à rallonge, je regarde le néant moucheté d'étoile lointaines et lui demande si il sait si je baiserai ou non, ce soir. Evidemment, et heureusement, il ne me répond pas. J'enchaîne par "Oui, oui, vous avez parfaitement raison", lorsqu'elle me demande mon avis sur la dernière bataille où les Martiens se sont pris une grosse branlée par nos croiseurs à propulsion nouvelle. Et lorsqu'elle demande enfin ma profession, je lui annonce avec un sourire fier et suffisant que j'assure la protection des réseaux de transmissions satellites contre les sondes mentales ennemies, et donc que je suis un atout majeur dans la guerre des mondes du moment. Ses yeux s'aggrandirent d'étonnement ravi et son sourire devient plus .. personnel dirons nous.
Merde, on est déjà arrivé à la fin de la marche digestive et le décor reprend ses attraits uniquement fonctionnels. Finie la balade au clair des étoiles. Je lui signale par un ton peiné qu'il est surement temps d'aller faire dodo, et "peut être qu'on se reverra demain". Pour toute réponse, elle se rapproche de moi, une pluie d'étoiles dans les yeux et me dit sereinement que je peux passer dans sa chambre pour un dernier verre. Je ravale à grande peine un cri de victoire, et remercie précipitemment le Dieu, là haut perché, qui permet ce miracle.
10 minutes aprés elle est devant moi et se déshabille lentement, avant de se jetter sur moi pour avaler ma langue. Elle est entreprenante la garce, et qu'est-ce que j'aime ça. Mais ce truc qui m'gratte, c'est pas le moment, putain de cérumen.
D'un coup, une douleur, un éclair, blanc, laiteux, horrible, les entrailles de mon cerveau brûlent, mes souvenirs sont comme aspirés, comme ma vie d'ailleurs. Une dernière vision, N'Loze et un sourire déchiqueté, qui ressemble aux grimaces des clowns tristes amphibiens de Mars.
Merde, je me suis fais avoir, la guerre est perdue maintenant, ils savent tout.
Dans un dernier éclat de vie, il pensa "Salope, même pas un orgasme".
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Mardi 22 Aout 2006
Par Libad, Mardi 22 Aout 2006 à 01:36 GMT+2 dans Histoires moins noires
Il était une fois 3 petits cons de banlieue. Il vivait la vie pleinement, dans leur tour respective. L'un était hippie, le deuxième gothique et le dernier fashion. Ils aimaient s'amuser ensemble, piller les plus jeunes, insulter les grands méchants policiers et surtout parler des filles qu'ils n'auront jamais.
Un jour, ils décidèrent d'un commun accord de partir en vacances, pour changer d'air et voir de nouvelles ganaches. Ils s'installèrent au camping du perroquet, non loin de chez eux. Le premier décida de dormir à la belle étoile, le deuxième choisit l'option tente, et le dernier s'appropria un mobile-home. Au grés de leurs conneries, ils passèrent leur vacances.
Pour finir en beauté, ils voulurent faire quelque chose de nouveau : un viol. Ils savaient connaissaient déjà la victime, qui était simplement la voisine du camping qui aimait les balades solitaires sur la plage. Ils l'attendirent un soir, tapis dans l'ombre des rochers de la digue, s'enfilant du whisky pour patienter. Losqu'elle arriva, ils mirent leur plan à éxécution et repartirent ravi. Ils fêtèrent ça dans une beuverie qui marqua à jamais les campeurs environnants. Ils se couchèrent ivre mort, chacun à sa place respective, se souvenant à peine de leur méfait.
Le premier ouvrit l'oeil et vît un unifome bleu à l'allure menaçante, il voulût se sauver, par réflexe, mais hélas, les vapeurs de la veille le fîrent choir. Le deuxième se réveilla lorsque la police lui ordonna de sortir. Il rit beaucoup avant de leur annoncer que sa tente était cadenassé. Il roula un joint pour l'occasion et rît à gorge déployée de la situation. Malheureusement, une boulette tomba sur son nombril, il se mit à gesticuler de douleur, oubliant ce qu'il avait dans la main. Quelques secondes plus tard, sa tente brûlait, il en sortit couvert de plaques de plastiques qui collent à la peau. Le dernier, dans un sommeil serein, n'écouta même pas la voix de celui qui tambourinait à la porte. Il bêla juste "M'en fout j'suis chez moi, z'ont pas l'droit d'rentrer". Quelques heures plus tard, sa porte fût enfoncée à coup de bélier, il hurla qu'il allait appeler la police, mais s'arrêta aussi sec devant le mandat de perquisition qu'un policier tenait devant lui.
Les 3 compères se retrouvèrent ensemble devant le Grand Méchant Juge qui les condamna à beaucoup de trucs pas sympas.
Plus tard, lors de la promenade quotidienne, ils en discutèrent encore une fois et se dirent que c'était pas juste, que c'était eux les gentils. Un détenu qui passait par là leur glissa gentiment à l'oreille :
"Vous êtes pas au courant ? Superman s'est fait tué, maintenant c'est le Joker qui a pris le contrôle, on est tous innocents ici !"
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Jeudi 20 Juillet 2006
Par Libad, Jeudi 20 Juillet 2006 à 21:47 GMT+2 dans Histoires moins noires
"On ne peut plus rien faire Madame, c'est fini
-Mais, mais .. enfin, non. C'est impossible. Il vous reste bien une solution. vous ne pouvez pas laisser faire ça. Vous ne pouvez pas laisser mon fils comme ça.
-C'est trop tard, il est mort.
-Non, non, non .. Je ne vous crois pas, c'est impossible, non, non .."
Jérôme regardait la scène sans vraiment comprendre. Il voyait sa mère hurler son nom, mais il ne pouvait répondre. Le docteur la ramena tant bien que mal à la raison, tandis qu'une infirmière recouvrait son propre cadavre d'un drap bleu.
"Ben merde, je suis mort ?" pensa-t'il.
"Eh oui", sussura une voix derrière lui
Il se retourna dans un sursaut et ne vit que le mur laiteux de l'hôpital.
"T'as rien à craindre, je suis comme toi.
-C'est à dire, t'es mort toi aussi ?
-Tu comprends vite, attend j'arrive"
Jérôme n'en crût pas ses yeux fantômes, le mur s'ouvrit et un vieillard souriant passa la brêche qui se referma instantanément.
"Salut gamin, on est camarade maintenant.
-Hey, vous pourriez m'expliquer ce qu'il se passe ? Si c'est un rêve, si j'hallucine, ou si nous sommes bien 2 fantômes en train de causer.
-Tu es mort, je suis mort. Personnellement, c'est une crise cardiaque qui m'a eu. A cause de mon salaud de fils qui a voulu 'blaguer'. Le petit con savait trés bien ce qui se passerait. Mais il aura pas l'héritage, hin hin, il en est pas digne.
-Si j'avais cru à une seconde existence, je me serais confessé avant ..
-T'inquiètes pas va, j'sais à peu prés comment ça se passe ici. Mon père me l'a expliqué, par mes rêves. Mais ne sautons pas les étapes. Moi, c'est Alain et toi ?
-Jérôme, fantôme.
-Pour quelle raison ? Tu le sais ?
-Ben, je crois que j'ai trop abusé de l'héro.
-Petit con, qu'est-ce qui t'as pris ? La vie vaut le coup d'être vécue sans ça, tu mérites des claques, mais on peut pas se toucher.
-Je sais, je sais .. C'est venu comme ça, j'manquais de quelque chose ..
-De courage certainement
-Peut être, mais voilà, une fois que ça commence, ça s'arrête plus, je regrette maintenant, de finir comme ça.
-C'est déjà ça .. Je suppose que tu dois être assez déboussolé, plus qu'avant en tout cas. Je vais essayer de t'expliquer comment ça fonctionne, par le peu que j'en sais.
-Vous croyez que j'aurais du prier ?
-Mais non, c'est des foutaises, et tutoie moi s'il te plaît. Bon, nous sommes morts, mais ça tu le savais déjà. D'aprés ce que j'en sais, chaque mort se doit de faire le point avant d'arrêter d'être.
-Heu, c'est à dire ?
-Disons, que la nature ne t'acceptera pas, tant que tu n'auras pas la conscience tranquille. Et pour cela, tu devras faire face à tes propres démons,les comprendre, les surmonter, pour finalement les assimiler.
-Putain, c'est aussi chiant qu'avant .. Prendre ses responsabilités, tout ça, ça m'saoûle.
-Si t'avais été moins nonchalant, ça aurait été plus facile. Et de toute façon, tu as l'éternité devant toi. Mais rassure toi, tu étais jeune, t'auras moins de boulot que moi, un octogénaire.
-Woaw, j'savais pas qu'on pouvait vivre si vieux. Et vous pensez que vous y arriverez à .. "affronter vos démons" ?
-L'âge y a aidé. Le plus dur sera mes gosses. Mon fils m'a énormément déçu par sa cupidité, j'en ai honte maintenant. Quant à mes deux filles, disons qu'elles auront une vie plus tranquille que la mienne.
-Tu as l'air plutôt accompli comme personne, à part tes enfants, tu penses avoir d'autres problèmes à rêgler ?
-Héhé, t'es bien curieux mon garçon. Attend .. J'ai intercepté un message venu du toit de l'hosto, on va voir ?
-Heu, et ma mère ? Je peux pas la laisser toute seule maintenant.
-Elle l'est déjà, non ?.. Allez, suis-moi"
Jérôme se regarda une nouvelle fois, masse immobile sous un tissu stérile et voulût pleurer, comme sa mère, avec elle même. Mais les morts ne pleurent pas, c'est bien connu. Il se résolut à suivre Alain, prenant conscience de ses nouveaux pouvoirs de lévitation et de passe-muraille.
Ils traversèrent les étage un à un, sans se presser, découvrant le service pédiatrie, celui des grands brûlés et des incurables. Ils échouèrent sur le toit, où une drôle de petit bonhomme les attendait.
"Bande d'imbéciles, qu'est-ce que vous foutiez ? Vous croyez qu'une fois mort on peut se permettre de raconter sa vie au premier venu ? Vous êtes vraiment stupide, et vous n'êtes même pas mort, vous n'en êtes qu'à la phase hybride, la plus chiante, vous verrez."
Alain et Jérôme bafouillèrent quelque chose comme "Bah, heu, excusez nous, mais heu, on savait pas, on a pas l'habitude."
L'étrange personnage, ayant apparement l'habitude, coupa court à leurs vaines excuses.
"Bon, on s'en fout. Je me présente, Gabo, représentant de mère Nature pour vous guider, et vous expliquer ce qui va se passer. Tout d'abord, on va devoir rejoindre le groupe du jour, pour vous informer collectivement. Et comme on est à la bourre, on va devoir courir, enfin moi en tout cas.
-Allons-y en volant ! proposa Jérôme.
-Crétin, je suis vivant moi ! Je ne fais qu'accomplir la volonté de l'entité qu'on appelle Nature. Si je t'écoutais, je m'écraserais comme une merde au premier pas dans le vide. Allez on y va."
Interloqués, les 2 fantômes le suivirent et essayèrent d'y comprendre quelque chose. Comment un vivant pouvait voir les morts ? Comment pouvait-on être un représentant de la Nature ? Ils demandèrent évidemment des réponses à Gabo, qui répondit d'un ton sec qu'il leur expliquera plus tard. Ils se turent donc et le suivirent jusqu'au métro.
La lumière du jour leur apparaissait sous un nouvel angle. Elle semblait froide et sournoise, s'infiltrant partout où elle pouvait, pour chasser le repos de l'obscurité.. Elle leur démangeait les yeux.
"C'est normal, vous, les esprits, vous préférez tous le noir, ce qu'on voit pas. La lumière c'est pour nous, les vivants."
Le trajet sur le métro fût une sacrée expérience pour les deux morts. Ils avaient pour habitude d'éviter les contacts rapprochés dans la vie de tous les jours, et ils se sentirent vite stupide de les éviter alors qu'ils étaient sans consistance. Gabo surprit Jérôme qui s'amusait à sauter sur les gens, ce qui leur donnait des sueurs froides inexplicables.
Ils arrivèrent au terminus, et, lorsqu'ils voulurent monter à la surface, Gabo leur expliqua qu'ils allaient continuer à descendre. Leur guide ouvrit une petite porte camouflée sous un escalier, le genre de porte invisible pour les passants.
Il leur dit de passer en même temps que lui, car cette porte là, il ne pourrait la traverser. Jérôme voulût essayer et se prît un sacré coup.
"Ahah, j't'avais prévenu, mais t'inquiètes, t'auras pas de traces, t'as même plus tes cernes de tox, cool la mort non ?"
Jérôme se vexa et ne répondit pas. Alain sourit discrétement et passa la porte comme un vivant.
Ils descendirent un long escalier de pierre, qui débouchait sur une anti-chambre éclairée par on ne sait quelle magie. Elle se finissait en cul-de-sac, sur un mur de brique.
"Je vous laisse ici, attendez que je sois remonté pour taper 3 fois contre le mur, là bas, au fond, et le reste coulera de source, vous verrez.
-Attendez, qui êtes vous réellement ? s'exclama Alain
-Une énième incarnation de la Nature. Nous sommes beaucoup à avoir ce sixième, et nous connaissons cette histoire d'aprés-vie, nous servons juste à vous guider aux rassemblements du jour, et .. on ne sait rien de plus. Mais je sais que, quand mon heure viendra, je ferais pas chier mon guide comme vous l'avez fait pour moi. Allez, salut"
Alain et Jérôme se dévisagèrent dans la clarté moite de la salle. Le vieillard ne tenta pas de comprendre alors que Jérôme se creusa la tête à la recherche de réponses. Comment des 'guides' peuvent-ils exister sans que personne ne soit au courant ? Que va-t'il se passer, une fois le mur passé ?
Un écho leur parvînt de l'escalier, preuve que Gabo était ressorti. Alain n'attendit pas et se précipita vers le mur, il attendait lui aussi des réponses. Il frappa trois fois et attendit. Le mur disparût, et une vaste salle s'étendait sous leurs yeux.
Elle n'avait pas vraiment de forme, ni de fond. Tout paraissait onduler, gondoler et vibrer. La lumière était incertaine, on ne pouvait dire d'où elle venait. Jérôme ne pût s'empêcher de dire que cela lui rappelait certaines expériences sous acides, et Alain ne pût que sourire pour répondre. Il s'avança le premier, et fût happé par ce nouvel univers. Jérôme le suivit rapidement et ne se posa plus aucune question.
Des centaines, voire des milliers de personnes étaient là, prostrés dans la même attitude béate, sans avoir l'air d'attendre quoi que ce soit. Certain avaient l'air plus agités que d'autres, ils couraient ici et là, au hasard de leur jambes.
Jérôme se détendit, sa pensée n'était plus tourmentée, le temps paraissait mort et il se sentait bien. Il se rendit compte petit à petit, qu'une voix lui parlait, à lui et à tous. Une voix d'aileurs, sans échos, qui jaillissait de sa tête, mais qui ne provoquait pas de panique, bien au contraire.
Elle lui expliqua, qu'il était en mutation, que sa première vie était belle et bien finie, et qu'il pouvait passer à la seconde, la véritable. Il allait devenir un courant d'air, un atome, une planète et le reste. Il allait se fondre dans un tout, propre et vivant. Il pouvait enfin quitter les banalités de la vie qu'il a voulu nié, c'est ce qu'il l'a tué, si jeune. Désormais, Jérôme allait devenir une cellule de la conscience universelle, celle qui fait tourner les planètes, qui régule la lumière et qui crée la vie.
Mais il prit peur, il cacha sa tête dans ses mains, il hurla sans bruit, et courut à l'aveuglette vers l'anti-chambre qu'il avait quitté des éternités plus tôt. Il gravit les escaliers a une vitesse folle, à 4 pattes, et se rua contre la porte qu'il savait pourtant imperméable aux ectoplasmes. Il se jetta contre elle dans une rage apeurée, il recommença jusqu'à ce que sa force mentale l'abandonne, petit à petit.
Il s'assit contre la porte et se recroquevilla. Il repensa aux événements des dernières heures. Son dernier fix, sa mort, Alain, Gabo, le métro, la porte, ici, là bas. Il voulait mourir, mais c'était déjà fait. Il savait, qu'au fil du temps, la voix l'atteindrait à nouveau, et le ramènerait jusqu'en bas, pour faire de lui une particule de soupe cosmique.
Il attendait, tremblant de peur, qu'elle revienne, une fois qu'il aurait gagné, contre sa peur, contre lui-même.
I.D.E. (In death experience)
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Vendredi 7 Juillet 2006
Par Libad, Vendredi 7 Juillet 2006 à 13:25 GMT+2 dans Histoires moins noires
Même jeu, même principe. 4 livres, 4 pages, 5 mots.
Le masque de la mort rouge, Edgard Allan Poe : Sentiments, travail, brillant, connu, plaisir.
Le livre du voyage, Bernard Werber : tranquille, personnel, chacun, regarde, baigner.
Metal Hurlant, N15 Spécial printemps : rigole, monde, statue, rue, combat
Fondation et Empire, Isaac Asimov : minuscule, barbe, patron, assurée, immensité.
Camille frissona lorsque le courant d'air lui lêcha la peau. Elle ne pût s'empêcher de bouger pour se gratter et son maître vociféra contre son impotence.
"Seigneur, tu crois donc que c'est facile pour moi ? L'éclairage est tel que je dois éclaircir la peinture toutes les demi-heure, alors si tu t'y met, autant jetter un seau d'eau sur la toile.
Et met un peu plus de sentiments dans ton regard, on dirait une boniche attardée."
Léonard se remit au travail sans écouter les protestations de son modèle, si agréable à regarder.
Il affina un peu plus son trait au niveau des mains, et se recula légérement pour mieux apprécier son travail.
"Parfait .. pour aujourd'hui. Viens ici que je te paie, aprés nous irons manger. Et surtout ne regarde pas encore.
- Tu auras bientôt fini ? Je suis impatiente de voir le résultat. Même si je ne doute de sa qualité .. tu es si brillant". Et elle l'enveloppa d'un manteau d'amour.
"Bah, le dîner peut attendre", pensa Léonard.
(..)
En rouvrant les yeux, Camille se sentait apaisée, elle n'avait jamais connu d'homme aussi doux que son maître, et de plus, il payait bien. Que pouvait-elle demander ? Elle avait tout, logis, nourriture, argent et plaisir.
"La vie est ainsi faîte, pour moi", pensa-t'elle en souriant.
Elle se tînt tranquille encore quelques minutes avant de réveiller son maître, pour qu'il l'emmene jusqu'a la taverne de l'Âne.
Habillée chaudement, et toute émoustillée, Camille pris la rue au bras de Léonard, toisant les autres femmes d'un regard fier et orgueilleux, et ponctuant sa démarche de légers mouvements de tête, pour que tout le monde puisses la voir.
Un gueux la regardait arriver, assis dans les ordures, au coin de la ruelle. Il hèla le jeune couple d'une voix sordide et inquiétante.
"Une piéc'tte, M'seigneur ?".
C'est du dédain propre aux riches, que Léonard l'ignora royalement. Mais le gueux renchérit :
"Un'nuit M'am'selle, 'vec moi' ?", dit-il d'un sourire édenté et nauséabond.
Interloqué, le couple pressa le pas et pénétra dans la Taverne et sa chaleur réconfortante.
Lorsqu'ils prirent place à une table, ils constatèrent avec ennui, que chacun des occupants de l'établissement avaient les yeux posés sur Camille, avec une lueur plus ou moins prononcée de désir dans le regard. Elle eût la sagesse de ne pas ôter son manteau, pourtant trop chaud pour l'atmosphère de l'endroit.
Une fois les soupes apportées par l'aubergiste malpoli, Camille et Léonard se quittèrent des yeux pour se concentrer sur leur brevages. Mais un cri strident failli faire étouffer Léonard dès sa première cuillerée.
"REGARDE !!!". Evidemment l'assemblée ne manqua pas de se retourner, cherchant un spectacle.
Elle leva sa cuillère devant les yeux de Léonard et ce dernier eût un violent haut-le-coeur. En effet, un doigt dépassait de la soupe. Camille reposa sa cuillière et détourna son regard.
"Bah alors ma p'tite dame ? 'lle vous convient pô la nourriture ?", demanda le gérant derrière elle, avec un regard malicieux.
"Si, si .. J'ai juste perdu, euh .. les habitudes culinaires du pays."
"Ah bon j'préfére hein. Manqu'rait plus qu'vous soyiez pô contente.", et il repartît, visiblement satisfait.
"Même si un doigt baigner dans ma soupe tous les jours, je ne m'y habituerais pas", fit-elle à mi-voix.
Léonard, de son côté, avait déja repoussé son écuelle et préparé l'argent nécessaire à l'addition.
"Allons-y maintenant", décida-t'il.
A leur sortie, la pluie faisait concert avec les pavés, et la rigole débordait déja. Les rues étaient vides de monde, à part une silhouette floue, plus loin sur leur chemin.
Aussi droite qu'une statue, celle-ci s'avanca vers eux et ils reconnurent avec effroi, le mendiant de tout a l'heure.
Ce dernier avait bien changé. Il paraissait bien portant, ses habits semblaient neuf, et les ravages de la rue sur son visage s'estompaient déjà.
"Hors de ma vue, je suis assez énervé pour ce soir", tempêta Léonard
-Qu'est ce que tu veux de nous ?", renchérit Camille, interloquée par le silence du mendiant.
"Un'nuit 'vec M'am'selle. J'peux la payer", et lorsqu'il voulût montrer sa bourse nouvellement pleine, le jeune couple se rendit compte qu'il lui manquait la plupart de ses doigts. Il releva la tête avec un sourire gauche, et Camille couina de terreur.
"Faut bin' gagner sa vie"
- Ecoute moi bien, déguerpis et en vitesse, tu effraies la demoiselle, et je n'veux pas d'un combat sinistre sous la pluie avec .. avec un mendiant.
- C'pas à toi d'choisi', rétorqua l'autre, c'est son métier non ? Vend' son corps. J'y met l'prix.
- Elle n'a cure des pauvres énergumènes de ton espèce, elle ne fricote qu'avec moi, j'y met le prix aussi."
Camille se sentît minuscule au milieu de ces 2 personnages qui se disputaient son corps, son propre corps à elle.
Le vieillard caressa sa barbe de ses 2 doigts restants, et fît preuve d'esprit.
"Bon, M'dame, c'toi qu'choisit, ton patron pour la nuit."
Pour la première fois depuis sa rencontre avec le vieil homme, elle sentît dans son regard quelque chose de riche et de vivant. Et puis il ne la serinerait pas de remarques désagréables, et ne l'obligerait pas à poser nu pour une peinture sans intêret. Elle se surprit elle même lorsqu'elle se rendît compte que son choix était fait.
Elle se retourna vers Léonard, et l'embrassa rapidement, en lui souhaitant une bonne nuit.
Et elle partît, bras dessus bras dessous, d'une démarche assurée, vers une nouvelle aventure.
A son premier orgasme, Camille se rappela que la vie était ainsi faîte pour elle.
Elle avait tout, logis, nourriture, argent et plaisir. Son nouveau maître était encore plus tendre que l'ancien, et malgrés sa main mutilée, elle commençait à s'y attacher. Et surtout, il savait raconter, raconter de belles histoires parlant d'un futur inimaginable où l'argent devenait maître, où des monstres de métal déplaçaient les hommes, et où ces derniers, fous inconscient, se lançaient dans la conquête de l'immensité du ciel.
Mais, elle riait. Elle riait souvent, car - elle le savait trés bien - la Terre est plate.
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Lundi 3 Juillet 2006
Par Libad, Lundi 3 Juillet 2006 à 18:55 GMT+2 dans Histoires moins noires
Val'rio fixait le soleil depuis trop longtemps déjà mais ne pouvait plus déscotcher du spectacle.
A la dernière éruption, il fît un pas en arrière et faillit chuter d'une centaine mètres, mais sa paûme sêche eût l'adhérence nécessaire à son salut. Depuis 2 jours déja, il n'avait bougé de son balcon, il n'était pas encore habitué à cet espace restreint d'où il pouvait contempler la mort de Sol.
La vue qu'il avait sur la ville était également imprenable, avec sa longue vue il scrutait les batailles répugnantes des créatures de la rue et observait maladivement les fuyards apeurés.
Du haut de son immeuble - qui était le sien depuis qu'il l'avait barricadé - il vivait sans inhibitions. Clopinant à poil quand cela lui chantait et rotant à perdre haleine en rigolant, sans oublier l'indispensable grattage de couilles du matin.
Dehors, les temps étaient sombres, pour un individu déformé. Et se nourrir du spectacle cruel dont il rêvait, était une belle vengance sur ceux qui lui avait détruit sa vie.
Toute son existence, il était une chose, parfois utile, qui devait servir l'homme.
Mais quand la Serre fût menacé d'éradication, Val'rio pût éliminer son maître de l'époque, qui partît en fumée.
Val'rio, une fois libre, n'a songé qu'a sa survie. Du mieux qu'il pouvait, avec son unique pied, il se fit une place de choix. Avec ses vivres abondants, il pourrait tenir jusqu'à la fin, jusqu'a ce que la Serre soit détruite, et il savourrait cette attente en se délectant.
Aussi loin qu'il pouvait voir, le Rocher de Gringzatl'z ceinturait son horizon. Son aspect aussi repoussant qu'attrayant, le plongea dans ses pensées .. et aprés une courte phase d'inaction physique et d'effervescence mentale, il fît une courte prière pour le "Seigneur qui est (z')osseux".
Il reprit sa longue-vue et admira l'effort qu'un Noir fît pour défendre une caisse pleine de fruits jusqu'a son dernier souffle. Il finit quand même par être pendu et brûlé par un groupe de Blancs trés violents.
Val'rio songea brièvement à sa nourrice qui ne lui donnait que des bananes, et ce souvenir excita son appétit quotidien.
"Aujourd'hui, pour déjeûner, je mangerais de l'humain", décida-t'il.
Et il partit en sifflotant dans les airs sur son aeroglisseur mono place, mono pédale.
Armé jusqu'aux dents et le feu dans les yeux, il s'approcha d'un couple de banditos discrets.
Depuis que le chaos régnait sur la Serre, la vie était un jeu pour certains, une peur pour d'autres Et c'est en pensant trés fort à gagner qu'il fondit sur son futur repas.
Quelle ne fût pas sa surprise lorque le Mexicain lui rît au nez et s'en retourna allégrement.
Sans lui demander son approbation, Val'rio lui planta son électrolance entre les omoplates, et l'agita avec passion dans l'ouverture nouvelle du dos du méchant avant d'appuyer sur le bouton 'A point'.
Quand le bulldozer démarra, Léo'val maudît la réalité d'être encore là. Il resta ensuite couché, pour méditer sur ses rêves. Il ne comprenait pas leur logique, leur sens, leur raison d'être. Il tourna sa tête vers la fenêtre pour regarder la pluie tomber, et son regard croisa celui d'une Pinup dessinée par Caza sur Métal Hurlant, 36 du nom.
Il pensa, "Ah .. ok."
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Par Libad, Lundi 3 Juillet 2006 à 18:53 GMT+2 dans Histoires moins noires
Petit jeu : 5 livres, ouverts 4 fois au hasard opurp rendre un mot à chaque fois.
Placer les 20 mots obtenus au hasard dans un texte de votre invention.
Concept amusant qui développe certains talents narratoires.
épée - idées - prostré - machinations - occulté
personne - vaincre - main - circulaire - reposer
table - infect - protégé - couloirs - psalmodier
soleil - étendards - paliers - jambe - poupée.
Dans un sursaut de bravoure, je dégaine mon épée
contre l'inaction et la misère des idées.
Je me bats contre cette attitude prostrée,
qui couvre des machinations sans pitié
qui ne souhaitent qu'occulter notre mémoire.
Personne ne m'empêchera d'y croire
Je vais vaincre ce démon
qu'on appelle 'Télévision'.
D'une main et d'un mouvement circulaire
je serais le black-out de la Terre.
On laissera se reposer, la nature
qui traverse une époque trés dure.
Enfin les famille seront réunies,
autour d'une table, avec l'appétit
d'un repas qui ne sera plus infect.
Finit la mode, et leurs sectes.
Désormais protégé d'eux mêmes
On ne votera plus FN
Dans les couloirs de la pensée
les gens vont s'aventurer
et on entendra partout psalmodier
les passants qui enfin vont se regarder.
Le soleil brillera de milles feux,
les étendards finiront poussièreux,
petit à petit, palier par palier,
on lui arrivera à la jambe, de c'dieu,
simple poupée sensée rendre heureux,
celui qui y croyait.
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Par Libad, Lundi 3 Juillet 2006 à 18:50 GMT+2 dans Histoires moins noires
J'ai écris ça dans un bus en panne, dehors il neigeait. J'trouve ça marrant.
Areul en a marre, il veut partir d'ici. Oh, pas de chez lui, ni de son pays. De sa planète, carrément. Il a besoin de repos complet et ça, seul l'espace peut lui apporter. Mais comment faire à 16 ans, pour quitter la Terre ?
La réponse lui vînt de son père, ingénieur en chef du projet Ariane. Il soutira de son paternel, aprés un long labeur de caprices étudiés, une visite guidée de la rampe de lancement des satellites et autres objets volants.
Profitant d'une inattention de son guide, Areuld se faufila dans un module d'exploration spatiale en forme d'oeuf. Une chance pour lui, le départ était programmé, le plan de voyage établi et le retour .. n'était pas pour tout de suite.
Pour survivre, tout était dans son sac. Trois sandwiches, une bouteille d'eau, et trois dose de hopefull, un mélange récent qui permettait à l'esprit de subsister dans un état catatonique de semi-conscience sans que le corps en souffre. Ses 3 repas ne lui serviraient qu'a lui rappeler qu'il existe lors des moment où il risquerait de passer le point de non-retour.
Areuld partît donc pour son petit tour de galaxie, le coeur plein d'entrain à cette idée.
Son plaisir se transforma en torpeur hypnotique à la première injection.
Il passa des mois d'hibernation mentale, à l'abris des complexes sociaux de la vie qu'on lui proposait. Il oublia la misère, la faim, le crime et le vice. Sa pensée n'était qu'image continue et vivante. Il assista à des explosions de gazs nébulaires, à des naissances d'étoiles. Il vît des fontaines de lumières naître de trous noirs inimaginables. Il s'ennivra du spectacle qu'offrait le vain combat d'un soleil pour résister à son propre effondrement. Il vibra d'harmonie avec les fils cosmiques tissés par la lumière, qui résonnent comme une harpe céleste jusqu'aux confins de l'Univers, sans perdre une once de sa magie.
Sa conscience lui revînt six années plus tard, cinq minutes avant son atterissage, comme prévu. Il comprit trés vite à la couleur du ciel qu'une guerre avait éclaté. Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu'il fût accueilli par une tribu Massaï en plein coeur de Paris. Il en déduisit trés vite que les civilisations industrielles avaient été démantelées par un soulèvement du Tiers-Monde.
Par chance pour lui, et par malheur pour le reste des hommes, il fût accueilli comme un dieu venu des cieux. Areuld rapporta ainsi de son voyage la folie et la haine de conquête propre aux blancs, qu'il transmettra a son peuple encore timide et rayonnant d'espoir d'en avoir fini avec la merde humaine.
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