Monstre

 

Hey oh hey oh, je rentre de colo

J'ai la voix déchiquetée, la tête en lambeaux, les mains à vif, je pue la merde et la pisse, la bave et le repas d'hier soir. Je rentre de colo. Cette nuit j'étais dans un train avec 400 'déficients intellectuels et moteurs' (on ne doit plus
dire handicapé). Dernière étape d'une aventure de Faou, à La Clart'animé de Kerlaz, en Bretagne.
Aprés une nuit d'appréhension lors du voyage aller, je me suis allégrement jeté dans les plaisir de la 'vie quotidienne', le torchage de cul, la prise de douche, donner à manger, coucher, réveiller, faire les lits. J'ai joué mille et uns personnages délirants grâce à la tonne de costume disponible. J'ai les mains et les bras croûtés, souvenirs d'un mec de 100 kilos qui pête les plombs de temps en temps. Son Alter Ego me faisait des bizous avant de partir. Je dormais 4 heures par nuit, les gamins me filaient la patate, pas le temps de penser à soi, tout donner pour eux, apprendre à maitriser ses nerfs et sa colère quand on se fait mordre, griffer, pincer, planter, apprendre la patience, et s'enorgueillir d'un sourire ou d'un calin, putain ouais, qu'est ce qu'on s'sent fier quand ils ont l'air heureux.
Et puis entre nous, le 5e, bon rigolage, de temps en temps, FREEDEBREEDEHUE vaincra. Tout ça dans un super manoir, au milieu d'un site naturel, des dortoirs de Faou rien que pour nous, tout en haut. Et les veillées de nuit, seul dans le couloir, à courir de droite à gauche, à se faire réveiller en sursaut par des hurlements, à gérer des crises pendant des heures et des heures, à voir débouler les hyperactifs et à devoir les ocntenir, rassurer, calmer, recoucher.
Et puis, de quoi rêve un épileptique ? Ce petiot, mignon à croquer, qui voulait toujours marcher, mais qui tombait toujours, je l'ai vu se prendre des gamelles hallucinantes dans son lit à barreaux, son corps est bleu, vert, orange, violet selon la date du coup, mais il n'a jamais pleuré. Ses calins qui t'arrachent les cheveux et te rendent humide de bave sont les plus beaux cadeaux du monde.
Putain, tout à l'heure je marchais avec Raptor, pour lui éviter une crise, je chialais quoi, je lui disais qu'il pouvait enfin fuguer si il voulait, avec moi, dans un train, n'importe ou, sans retour.
Et la crevette qui en fait n'était si heureux de rentrer, et qui tape sa mère dès qu'il la retrouve
Sales gosses, je vous aime tous autant qu'vous êtes, même toi Margotte l'exorciste, et Tony l'artiste, Youri le perçant et Sevan le sanglant, Delphine la coquine et Julie la gamine
J'ai les boules, j'ai froid, je tousse, mais qu'est ce que j'me sens vivant

Vos commentaires

1 Le Jeudi 27 Septembre 2007 à 21:03 GMT+2, par nomade

conduite ici par un hasard, lecture tout aussi hasardeuse, relecture, et puis encore relecture... Message insignifiant mais je voulais te dire merci. J'avais un frère qui n'étais pas comme tout le monde,je ne me souviens que de personnes qui ... enfin je sais pas, je trouve pas de mots.
Enfin simplement merci de me montrer qu'on aurait pu l'aimer aussi.

2 Le Jeudi 27 Septembre 2007 à 22:08 GMT+2, par Monstre

Je répond pas, ou trés peu, je passais par là, l'air de rien. Ton message a touché le coeur, y a rien dire, encore moins à faire, sinon donner toujours plus à ceux qui ne demandent pas.

Joyeuse vie nomade.

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