Monstre

 

Val'rio le survivant


Val'rio fixait le soleil depuis trop longtemps déjà mais ne pouvait plus déscotcher du spectacle.
A la dernière éruption, il fît un pas en arrière et faillit chuter d'une centaine mètres, mais sa paûme sêche eût l'adhérence nécessaire à son salut. Depuis 2 jours déja, il n'avait bougé de son balcon, il n'était pas encore habitué à cet espace restreint d'où il pouvait contempler la mort de Sol.
La vue qu'il avait sur la ville était également imprenable, avec sa longue vue il scrutait les batailles répugnantes des créatures de la rue et observait maladivement les fuyards apeurés.
Du haut de son immeuble - qui était le sien depuis qu'il l'avait barricadé - il vivait sans inhibitions. Clopinant à poil quand cela lui chantait et rotant à perdre haleine en rigolant, sans oublier l'indispensable grattage de couilles du matin.
Dehors, les temps étaient sombres, pour un individu déformé. Et se nourrir du spectacle cruel dont il rêvait, était une belle vengance sur ceux qui lui avait détruit sa vie.
Toute son existence, il était une chose, parfois utile, qui devait servir l'homme.
Mais quand la Serre fût menacé d'éradication, Val'rio pût éliminer son maître de l'époque, qui partît en fumée.
Val'rio, une fois libre, n'a songé qu'a sa survie. Du mieux qu'il pouvait, avec son unique pied, il se fit une place de choix. Avec ses vivres abondants, il pourrait tenir jusqu'à la fin, jusqu'a ce que la Serre soit détruite, et il savourrait cette attente en se délectant.
Aussi loin qu'il pouvait voir, le Rocher de Gringzatl'z ceinturait son horizon. Son aspect aussi repoussant qu'attrayant, le plongea dans ses pensées .. et aprés une courte phase d'inaction physique et d'effervescence mentale, il fît une courte prière pour le "Seigneur qui est (z')osseux".
Il reprit sa longue-vue et admira l'effort qu'un Noir fît pour défendre une caisse pleine de fruits jusqu'a son dernier souffle. Il finit quand même par être pendu et brûlé par un groupe de Blancs trés violents.
Val'rio songea brièvement à sa nourrice qui ne lui donnait que des bananes, et ce souvenir excita son appétit quotidien. "Aujourd'hui, pour déjeûner, je mangerais de l'humain", décida-t'il.
Et il partit en sifflotant dans les airs sur son aeroglisseur mono place, mono pédale.
Armé jusqu'aux dents et le feu dans les yeux, il s'approcha d'un couple de banditos discrets.
Depuis que le chaos régnait sur la Serre, la vie était un jeu pour certains, une peur pour d'autres Et c'est en pensant trés fort à gagner qu'il fondit sur son futur repas.
Quelle ne fût pas sa surprise lorque le Mexicain lui rît au nez et s'en retourna allégrement. Sans lui demander son approbation, Val'rio lui planta son électrolance entre les omoplates, et l'agita avec passion dans l'ouverture nouvelle du dos du méchant avant d'appuyer sur le bouton 'A point'.

Quand le bulldozer démarra, Léo'val maudît la réalité d'être encore là. Il resta ensuite couché, pour méditer sur ses rêves. Il ne comprenait pas leur logique, leur sens, leur raison d'être. Il tourna sa tête vers la fenêtre pour regarder la pluie tomber, et son regard croisa celui d'une Pinup dessinée par Caza sur Métal Hurlant, 36 du nom. Il pensa, "Ah .. ok."

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